01. SILENCE
02. RE : ÂME HOUX
03. LÀ VERSION DU JOUR
04. INSTRUMAIN
05. PIERRE NOIRE
06. TÊTE DE MORT AU VENTRE
07. PLEURE PÉTALES

 


01. SILENCE

Silence
Silence
Silence
Silence

Les extrêmes se pensent
Baignés dans le silence
Un système en latence
Excès d’interférences

Phases opposées, combinées
Cycle achevé, images figées
En miroir, il est l’axe de symétrie
Trait noir entre les ondes réfléchies

La physique du son vient enseigner
Qu’en déphasage à 180 degrés
Deux ondes d’égale fréquence
Étrangement créent le silence

Silence
Silence
Silence

Le pic de l’onde négative
Sur le pic de l’onde positive
Les opposés s’annulent
C’est le silence qui hurle

Ligne droite aux traits rigides
Cache un trou noir dans son bide
La pression du vide hyperactive
Plus qu’un point en perspective

Silence
Silence

Effondrement gravitationnel
Une hypernova sur elle-même
Jusqu’à l’horizon des événements
Où le trou noir absorbe le temps

Silence

Une explosion de «plus»
Une explosion de «moins»
Une disparition de plus
Et il ne se passe rien

Dans le silence
Creuser la conscience
Dans le silence
Cherche une consistance

Chercher dans les pierres
Une raison de ne pas taire
Que la pensée se condense
Sur les joues d’un silence

Golem de terre et pierres brisées
Golem à la peau desséchée
La pluie des yeux vient l’arroser
Des mots silencieux ont germé

Même si c’est le vide le silence
Avancer dans ce vide de présence
Pour de bon malgré le jeûne
Sur le pont d’Einstein-Rosen

retour

02. RE : ÂME HOUX

Humain
Humain-bécile
Humain-conscient
Inconsistant

Une main
Une main fragile
Une main se tend
Main tenant

Il tend une main
L’humain-bécile
Vers l’âme de l’arbre
Vers cette âme-houx

​Humain-bécile
Un humain-plorant
Un arbre silencieux
De lui ouvrir les yeux

En appelle à la sagesse innée de ce houx
Dans laquelle il a lui-même percé des trous
Pour y planter des planches, une échelle
Se rapprocher des branches, près du ciel

Humain à la vue brouillée
Incapable de distinguer
Là dans le flou l’écorce déchirée
L’arbre à bout de force reste muet

L’arbre est silencieux
Questions du malheureux
Arbre griffé de blessures
Des tranchées de pourriture

Humain-bécile
Humain-capable
Aveuglé par ses tourments
Si humain-portant

Il ne comprend rien
L’humain-bécile
Parler avec les arbres est humain
Possible

Humain-tenant voit la chair dans le bois
À présent s’en va taire ce qui l’apitoie
Il se sent humain-bécile avec ses maux
Devant celui qui vacille sous ses crocs

L’arbre retient le silence
Et ce qu’il a dans la panse
L’humain réveillé voit les rainures
Et décide d’arrêter la torture

L’arbre enfin est soigné
Et l’humain, éloigné
Voit dans le flou de son être
Des mots apparaître

Je sens cette âme, houx reposant
Je vois cette dame, houx renaissant
Vendre son âme ou re:naître
Fendre son âme ou re:connaître

Un jeu
Deux mains
Un jeu
Tes mains

Un jeu, tes mirages, c’est l’inaccessible
Un jeu, tes maillages, c’est l’inaudible
Un jeu, t’émouvoir, c’est l’inondation
Un jeu, tes miroirs, c’est l’initiation

Un jeu, tes multiplications, c’est l’inavouable
Un jeu, tes mutations, c’est l’inimitable
Un jeu, tes montres, c’est l’inassouvi
Un jeu, tes monstres, c’est l’inouïe

Un jeu, tes mains, c’est l’inaperçu
Un jeu, t’émerveiller, c’est l’inattendu
Un jeu, t’aimanter, c’est l’inexplicable
Un jeu, tes «minces !», c’est l’ineffable

Un jeu, tes mouvements, c’est l’inhérence
Un jeu, tes moments, c’est l’innocence
Un jeu, tes mots, c’est l’inexprimable
Un jeu, tes mains, c’est l’inexorable

retour


03. LÀ VERSION DU JOUR (avec Obsachala)

Passé, présent, futur
Le temps bat la mesure
Passée, présent, future
L’horloge noue sa ceinture

On se représente un futur
Filtré par le passé
À voir ses craquelures
Il serait dépassé

Innovantes relectures
Elles font évoluer
Ces idées dont l’usure
Les ont fait s’effriter

Des séquelles du passé
Se cachent sous l’armure
Un présent encombré
Par la peur des futurs

Passé, présent, futur
Montre en guise de clôture
Passée, présent, future
Deux aiguilles têtes de lecture

Ces lignes sur l’horloge
Leur sens m’interroge
Patiemment le temps forge
Ou brusquement te déloge

Une pointe de cette aiguille
Et tout le corps vacille
Perforation dans le ciel
Un trou noir potentiel

Plans sur le futur
Point de déchirure
Une simple piqûre
Ou un début de fracture

Passée, présent, future
Je ralentis l’allure
Écoute les murmures
Derrière ce qui sature

Je vois le temps passé
À se préparer un futur
De nos arrangements passés
Nous construisons des murs

Des mauvais souvenirs
Aux peurs de l’avenir
Masquent les présents
Offerts par le vivant

Lâcher les couleurs passées
Pour aborder le présent
Et le prendre pour ce qu’il est :
Un présent

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
Regarde ! Rien n’est figé !

Garder le point de vue
Qu’est celui du nouveau né
La mémoire de son vécu
A été effacée

Avant qu’à nouveau il ose
Se télécharger
Dans un des corps qui composent
Cette humanité

Voir qu’à chaque seconde
Se crée un nouveau monde
Dont la principale fonction
Est notre propre évolution

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
Sens le monde se dessiner !

Nous n’avançons pas dans le passé
Ni dans son opposé
La vie se joue au présent
Hors de l’illusion du temps

Petit cerveau limbique
Rejoue ces boucles qui le paniquent
Hors de toute logique
Sa vie se complique

Des schémas réactionnels
Du passé, des complexes
Empêchent les infos nouvelles
De passer dans le cortex

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
Écoute le vent souffler !

Un intervalle sans ces lettres
Qui s’emballent et s’enchevêtrent
Simple fenêtre dans le noir
Pour émettre et recevoir

Fenêtre dans la fenêtre
Où l’on peut se sentir être
Fenêtre dans la fenêtre
Être juste dans l’être

Peut-être que l’être juste
Tant recherché est là
Peut-être qu’il faut juste
S’appliquer à être soi

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
Caresse ta destinée !

Vivre l’instant présent
Même s’il est angoissant
Ne pas fuir en arrière
Si le pouls s’accélère

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
Goutte à ta réalité !

Vivre l’instant présent
N’est pas un slogan
Le chemin efficient
Est ici, est maintenant

F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser
F5 actualiser

Allongée là
Dans le creux de ma main
La tête là
Sur les coussinets des doigts

Le corps de côté
Flotté dans ce lit plissé
Jambes fléchies
Épouses du muscle du pouce

Pieds collés
Blottis dans les fronces du poignet
Yeux fermés
Sur cette respiration calme et douce

Je me sens bien
Allongée là

Debout là
Embrassant l’écorce
Humérus courbés
Par ce cercle vivant

La poitrine serrée
Entre ces empreintes, battante
Les orteils racines
Gouttent dans le noir

Colonne de lumière
Frissonnante d’énergie
Yeux fermés
Sur cette respiration vive et intense

Je me sens bien
Debout là
Assise là
Avec ce bois là

Son dos lisse
Contre ma poitrine
Les cordes vocales
Lui traversent le ventre

Je lui parle
Du bout des doigts
Il me répond
La bouche grande ouverte

Yeux fermés
Sur notre respiration vibrante
Je me sens bien
Assise là

Pieds dans la boue
Mousse sous le dos
Oreilles en musique
Pluie sur le visage
Nez sur une fleur
Miel à la gorge
Ventre repu
Cheveux en vent
À genoux dans l’herbe
Ciel dans les yeux
Stylo en main
Plumes sous la tête
Je me sens bien
Là, maintenant


retour


04. INSTRUMAIN

Un texte, une mosaïque de l’âme
Une gigantesque petite femme
Partager en cœur ces échos
Sensibilités de fleurs de peau

À fleur de peau, ces frissons nouveaux
Au cœur du «trop», les sons si beaux
Embrasser les arbres et se laisser porter
Les branches se cabrent à s’envoler

Le vent souffle mais tout est immobile
Le vent souffle son parfum indélébile
Me retourne, et m’allonge dans sa main
La tête me tourne mais je suis à jeun

J’ai le vertige, debout sur la terre
Une drôle de voltige se joue dans l’éther
Je tremble alors qu’il fait si chaud
M’envole allongé sur le dos

Les yeux grands ouverts, j’inspire
Les yeux en arrière, j’expire
Le cœur face aux soupirs s’accélère
Des yeux m’enlacent, m’aspirent, me serrent

Musique céleste pour un petit musicien
S’applique en gestes qui ne sont pas rien
D’épiques caresses, monte la transe
Harmoniques en caisse de résonance

Il existerait un ordre moins macabre
Pour marier la corde et l’arbre
Pique de l’instrument plantée dans le sol
Aiguillera le chœur qui s’envole

Instrument humain auquel on s’attache
Timidement la main sur ce qui se cache
Effleurement de l’archet sous la carcasse
Se cherche dans ce petit endroit si vaste

Une main aimante, un arbre pousse
Sorti d’un ventre, l’écorce est douce
Arbre de chair embrasé par le vent
Arbre éphémère embrassé doucement

Discrètement, les deux se tissent
Sur un banc, une danse à dix
Concentration d’énergie infinie
Compréhension de ce qu’on n’a pas dit

Intersection d’univers parallèles
Interaction gravitationnelle
Voici l’oiseau né de deux ailes
Déboussolé par le conditionnel

Il essaie de trouver une logique
À la rigidité de cette mécanique
Remises en question utopiques
Tête projetée dans le physique

Premier principe thermodynamique :
Transformation énergétique
Deuxième principe thermodynamique :
Amplification anthropique

À la jonction de ces fibres
La direction d’un nouvel équilibre ?
Évolution apparemment chaotique
Interrogation sur les géodésiques

Je sens tellement, que sens-je vraiment ?
Je suis une bestiole que le vent console
Mais sans aimant, ni sens des événements
Des idées folles sont ma boussole

Ce que je sens, est-ce une image ?
Créée par mes sens sclérosés ?
Ce que je sens, est-ce un mirage ?
Créé par mon côté insatisfait ?

Ce que je sens a t-il un sens ?
Je ne sais plus ce que je pense
Vois-je derrière les apparences ?
Ou suis-je juste dans l’inconscience ?

Ce que je sens est si intense !
A t-il une réelle existence ?
Ces émotions et leur violence…
Comment survivre la cadence ?

Est-ce simplement l’évidence ?
Ou le rêve d’un cœur qui compense
Puis-je avoir confiance ?
Avancer sans défense ?

Recensement de sentiments
Si les sens mentent, ressentiment
L’essence de l’effervescence
Croyance ou omniscience ?

Âme errante, embarrassante
Le vent chante dans mon sang
Se rendre à l’idée renversante
À ce vent, dans mon sang, avançant

Je sens tellement, je sens les éléments
Descends doucement, ressens les sédiments
Je ne sais ce qui m’attend demain
Je sais que je n’attends rien

Une présence encombrante
Le vent panse mon sang
Vent s’élevant, émouvant
À ce vent, en dansant, en avant

Avancer regard droit devant
Loin de ces espoirs décevants
Et laisser venir en son temps
Ce qui fait se sentir vivant

Laisser venir en son temps
Laisser venir en sentant
Laisser venir en son temps
Laisser venir en sentant

Survivant, innovant, suivant, devant, émouvant, activant, élevant, vivant, captivant

retour


05. PIERRE NOIRE

Couleurs absorbées, pierre noire
Éclaire de vérité, présence miroir
Lueur acérée, lumière noire
Heure d’ajuster la trajectoire

Pierre sincère
Pierre qui désespère
L’acuité de ce charbon
Vient brûler les illusions

Émission de la stèle silencieuse
Ces visions se révèlent précieuses
Cartographie de douleurs noueuses
Identifie les couleurs heureuses

Minéral en robe volcanique
Dédale de roche mystique
Cristal en poche tactique
Signal code heuristique

Non il n’y a pas de hasard !
Sérendipité, j’ouvre mon regard
Ouvrir les yeux afin de voir
Ce que l’on peut dans ce brouillard

Inspiration magique d’une pierre noire
Écriture automatique du grimoire
Je comprends mon histoire, mon devoir
Il est temps de se voir, temps de savoir

Conscience du vibratoire
Consistance dans le regard
Illuminé de lumière noire
La vérité coupe au rasoir

Cœur d’homme obsidienne
La noirceur dans les veines
Brillance et dureté de ce noir
Peau transmutée en miroir

Peur du vide, imagination
Peurs au bide, suppositions
Cheval de Troie, éclaireur minéral
Dévoile le pourquoi, intérieur du mal

Monolithe géométrique
Image de vie erratique
Le reflet se décortique
Transcender le cyclique

Pulsation en fractales
D’une impulsion vitale
Le «tourne en rond» à la verticale
C’est l’éclosion en spirale

BPM aléatoire, évolution, voyage
Gemme noire, fixation de l’ancrage
Germe se déclare, perce l’emballage
De l’épiderme illusoire, dépasse l’habillage

Caillou noir ouvert
Perce voir le l’envers
La vérité à découvert
Digérée dans ces vers

La question du “vers où ?”
Une création de verrous
Inversion de caractères
Vers où ? / Ou vers !

Pierre noire, s’armer de courage
Lumière noire, affronter cet éclairage
Dans le noir dégripper les rouages
Enfin voir se créer un nouvel âge

retour


06. TÊTE DE MORT AU VENTRE (avec Obsachala)

Trouver mon chemin
Je vois cette corde
Chemin pour s’élever
Pour arrêter de se tordre

Système parasympathique
Le nerveux s’emporte
Être étalé, apathique
Tête posée contre une porte

Quatre murs dans ce couloir
Bien trop dur de se mouvoir
Blocage des enképhalines
Rêve d’une trêve à l’endorphine

Trouver ce chemin
Là où je me sentirai bien
Croisement de mes choix
Sans voie, chemin de croix

Pleurs sur le sol s’étalent
Dans le viseur, issue fatale
Arrête de jouer, coupe le courant
Se reposer un peu, en mourant

Sur une chaise au sol, debout
Col de corde molle, au cou
La vue se trouble, mains moites
Tendre la courbe, en ligne droite

D’une mort symbolique
À la mort pédagogique
Voir quand plus rien ne danse
Hors superflu, saisir l’essence

Tête de mort dans le regard
Cherche un corps dans le brouillard
Extraction hors mitote
Platon sort de sa grotte

Mort, dans une fenêtre
Un sort pour se connaître
Mirador pour shooter l’illusion
Du décor, le barbelé de prison

Transformer la mort sanglante
En une mort enseignante
L’essentiel c’est l’évidence
Lorsque l’on quitte l’existence

Dans l’élan de l’essentiel
Je n’attends pas d’être au ciel
Dans l’élan de l’essentiel
Je n’attends pas d’être au ciel

Dans l’élan de l’essentiel
Je n’attends pas d’être au ciel
Pour comprendre le sens
Indiqué par mes sens

***

J’ai mal au ventre
J’ai mal au ventre
Douleur chaude sous le thorax
La tête me dit relaxe

Souffle saccadé, empêché
J’inspire fort pour dénouer
La crampe se soulève
Sous mon ventre d’air

Elle est là, je la sens
Pousse mes côtes violemment
J’ai mal au ventre
J’ai mal au ventre

Plus j’y pense plus ça serre
Panique, souffrance, colère
J’expire pour l’évacuer
Tenace, ça cherche à s’enfoncer

Une barre en fer rouille
Ma chair sous le feu bouille
Les cordes du nœud se durcissent
Le corps entier sent ce précipice

J’ai mal au ventre
J’ai mal au ventre
Quelque chose qui ronge
Des tensions dans l’éponge

J’écoute et essaie de comprendre
Le tiraillement veut m’apprendre
Mes pensées se jettent dans son mur
D’où me vient cette blessure ?

Le dialogue rend sourd
Impossible mise à jour

J’ai mal au ventre
J’ai mal au ventre
Ça se contracte encore
Parle, parle mon corps
Tourne, tourne ma tête
Mais l’affliction est muette

Je veux appuyer sur la détente
Entendre la détonation bruyante
Détruire la douleur stomacale
Dans ma solution cérébrale

***

Tête de mort cherche un corps
Tête de mort cherche encore
Tête de mort dans le regard
Cherche un corps dans le brouillard

Tête de morte cherche une porte
Tête de morte qui transporte
Avant qu’il ne soit trop tard
Au point de vue du vieillard

Tête de mort sans corps
Tête de mort sans escorte
Tête de mort et l’inconfort
De son sort qui l’insupporte

Dans le soir il s’égare
Cherche un phare, un sonar
Pour capter du regard
L’autre côté du miroir

Tête de mort voit ce corps
L’épiderme en buvard
Tête de mort dans ce corps
Silencieux et bavard

Tête de mort voit ce corps
Boire la pluie d’un regard
Tête de mort dans ce corps
Aux soucis crématoires

Tête de mort juste au bord
Du plongeoir du poignard
Tête de morte qui avorte
Des mémoires qui font croire

Tête de mort qui emporte
Au delà des remparts
Tête de mort, tête de morte
Au dessus du brouillard

retour


07. PLEURE PÉTALES (avec Obsachala)

Je pleure
Je pleure

Le ventre lâche
Ses goûtes de sueur
Les yeux crachent
Des gorgées de peur

Le sanglot convulsif
Pique le nez
Gluant, oppressif
Cherche à étouffer

Je pleure
Je pleure

Dans le tissu de l’oreiller
Sur l’écran noir
Des paillettes éparpillées
Un grand mouchoir

Mouillé de débordements
Des tensions, un réflexe
Un trop plein de piments
Ou une nuée d’insectes

Je pleure
Je pleure

Secouée dans la morve
Par paquets, les cils collés
Boursouflée, je me décore
Rouges joues maquillées

Mes poches en regorgent
Et inondent ma bouche
Mes paupières engorgent
Mais le liquide me touche

Je pleure
Je pleure

Une grande averse
La cloque sous pression
S’est percée et me renverse
Des larmes en compétition
Se bousculent et courent
Lissent les pores de la peau
Tombent à pas de velours
S’étalent en tâches d’eau

Je pleure
Je pleure

Sur ma main, deux gouttes
Pas les miennes
Celles d’une femme qui écoute
Ses bras me tiennent

Deux larmes, deux yeux
Elles me parlent tellement
Je les laisse entrer en mon milieu
Les mots dialoguent au dedans

***

Un détail
Je déraille
J’ai mal
Je détale

Deux fleurs, un mâle
Un peu, beaucoup
Pleurent des pétales
Folie ? Pas du tout !

Serre deux pétales
Un peu beaucoup
Perd les pétales
À la folie du pas du tout

J’espère, je pédale
Patiemment le fou
Passionnément râle
Folie n’est pas tout

Fleurs sur la muraille
Sœurs du mur d’écailles
Poussent contre des armures
Confrontent l’écriture

De simples fleurs bancales
Pistils lacrymales
Aux peurs en bataille
Vacillent et se maillent

Je perds les pétales
Sur terre et me fane
Androcée, étamine
Fané d’une comptine

Je, vous. Je vous…
Un peu, beaucoup
J’en perds les pétales
Une singulière fable

Singularité
Singulier pluriel
Pluriel plus réel
Gouttes plurielles en ciel

Tombe du ciel goutte d’eau
Renouvelle le flot
Solvant H2O
Réveille le terreau

Sol-vent et terre-eau
Un vent vers le haut
Vents unis-vers-elles
Soufflant sol vers ciel

Simple tige végétale
Chemin vertical
Vertige d’une focale
Terrain d’une escale

Racines nouées sur pierre
Vaccine à la roche
Veille le lien de terre
Le soleil s’approche

***

Flammèches de soleil
Brûlent l’oreille
Silence lacustre
Lumière illustre

Feutre noir
Lueur en miroir
Ombre blanche
Papier branche

Fils racines
Particules infimes
Dans le conducteur
Énergie du cœur

Pulsation gravite
Mélodie météorite
Ondes en cascade
Danse des dryades

Feuilles aux doigts
Bruissements en soi
Chant de l’arbre
Coffre accordable

Douce harmonie
Traits en panoplies
Lire et voir
Carnet noir

Au clair de la lune
Prête-nous tes plumes
Oiseaux volent
Jusqu’à Éole


retour